jeudi 5 mai 2011

Château Rouge

Bal place du Château Rouge, un 14 juillet ? il y a plus d'un siècle. Collection personnelle

« maïs, maïs », « maïs, maïs », « maïs chaud», «maïs chaud ».


A la sortie du métro, on se butait à des grappes de femmes noires en boubous colorés, debout avec leur nourrisson enserré dans le dos, accroupies, assises sur des cageots violets. A leurs pieds, des seaux en plastique orange, vert, jaune, ou des sacs poubelles bleus regorgeant d’épis de maïs encore camouflés sous leurs longues feuilles filandreuses. Lestement, d’une main, elles les écalaient, les saupoudraient de sel et les tendaient aux clients pour quelques euros. L'oeil vif, aux aguets, dans la crainte que surgissent les hommes en uniforme, prêtes à s'éparpiller, elles reprenaient sans cesse leur mélopée : «maïs, maïs», «maïs, maïs» «maïs chaud» «maïs chaud».

Dans les rues avoisinantes, on retrouvait par terre les restes décarcassés de ces maïs sur lesquels les enfants du quartier jouaient à glisser.

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