mercredi 9 septembre 2009

Retour sur image

Photo perso.

A la maison de retraite où meurent à petits feux les vieilles dames, puisque les hommes désertent la vie beaucoup plus tôt — là où une nuit s’est éteint ma mère — l’une d’entre elles à l’heure du goûter s’écria un jour : « Encore des madeleines ! Toujours des madeleines… y en a marre des madeleines ! ».
Je pensai alors qu’à partir d’un certain âge, ce n’est plus le temps de la madeleine de Proust.
Curieusement, cette scène a eu lieu la veille d’une excursion à Illiers-Combray avec une amie que j’ai perdue de vue depuis.
Lorsqu’une relation, amicale ou amoureuse, cesse, c’est tout un pan de notre vie qui, d’une certaine façon, n’existe plus.
En revanche, retrouver une copine de classe à qui vous n’aviez jamais plus pensé depuis 50 ans, vous évoque des fillettes les unes derrière les autres, les petites devant, les grandes derrière. Et vous, de taille moyenne au deuxième rang. Elle vous l’exhibe cette photo de classe, et vous voilà étonnée de vous découvrir gauche, disgracieuse, ingrate même ! Ces souvenirs que vous n’aviez plus en tête, ce temps où vous vous jouiez « Le club des 5 » dans la cour de récré, ce temps dit heureux de l’enfance mais où un certain Justin avait voulu vous étrangler avec une ficelle… pour rire ! Tout vous revient et vous comprenez pourquoi soudain vous ne supportez pas une main sur votre cou.